Blanche est assise devant l'objectif. Roma, labrador sable est assise à côté d'elle

Interview de Blanche Estebe,  chargée des partenariats et du mécénat ,qui a commencé comme famille relais au sein de notre association

 

Depuis combien de temps êtes-vous engagée en tant que famille relais ? Combien de chiens avez-vous eu ?

Je me suis engagée auprès de l’École au mois d’avril 2021, je réalisais essentiellement des convois vétérinaires. Je n’étais alors ni famille d’accueil ni famille relais, mais je me rendais régulièrement à l’École et on m’a proposé, de fil en aiguille, de me joindre aux détentes.

J’ai rencontré des maitres de chiens guides ainsi que des bénévoles, dont un qui était la famille relais d’un beau labrador noir nommé Péo. Péo avait passé son certificat d’aptitude à guider mais n’avait pas encore de binôme, et la famille relais devait s’absenter quelques semaines ; C’est donc tout naturellement que j’ai proposé mon aide et l’ai accueilli chez moi.

 

Au bout de 3 semaines et un voyage à ses côtés, il a été difficile pour moi de lui dire au revoir. J’ai donc choisi de laisser passer un peu de temps, avant d’accueillir Roma, il y a maintenant un mois.

Roma a été réformée, et était entre « deux solutions », l’adoption ou le transfert vers une autre école. Elle restait donc au box et montrait des signes d’inconfort. J’ai donc signé une nouvelle fois pour un accueil, de durée indéterminée cette fois-ci, en attendant de trouver une solution adaptée à Roma. Finalement, une famille d’adoption a été soigneusement choisie, et viendra bientôt la récupérer.

 

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à devenir bénévole / famille relais ?

C’est un peu difficile à expliquer, mais j’ai un truc un peu viscéral avec les chiens en particulier. J’ai toujours eu ce désir de travailler avec les animaux et surtout avec les chiens. J’ai également une admiration pour les chiens au travail ; Petite, à la montagne, je pouvais observer les chiens de berger, et je trouvais cela impressionnant. On m’a également appris que le chien de berger ne pouvait être bon que si la relation avec le maitre était bonne. J’ai finalement eu un parcours différent, puisque j’ai travaillé majoritairement dans l’audiovisuel, mais l’idée a toujours séjourné dans un coin de ma tête.

 

J’ai ensuite déménagé à Vitry. Je savais qu’il y avait une École de Chiens Guides à proximité, mais je ne savais pas où et je passais même devant tous les jours sans la voir. Poussée par la curiosité, j’ai finalement décidé de me rendre à l’École pour voir si ce désir d’œuvrer à leurs côtés n’était pas en fin de compte un fantasme de ma part.

 

J’ai finalement candidaté suite à un arrêt professionnel pendant le confinement. Je voulais vraiment être bénévole, et je savais qu’ils recevaient de nombreuses demandes. Je me suis alors dirigée vers les tâches les moins convoitées, comme amener les chiens chez le vétérinaire. Conduire dans Paris, les bouchons, c’est la hantise en général… et ça a marché ! 15 jours après, on m’a inscrite sur les convois vers la clinique vétérinaire, et je m’y rendais presque toutes les semaines. J’ai ensuite découvert les acteurs de l’école, tant salariés que bénévoles, puis les détentes, jusqu’au relais.

 

En cherchant à reprendre une activité professionnelle, j’ai réalisé avec tristesse que je ne pourrai plus venir à l’école. Ça me retardait inconsciemment dans ma recherche, parce que j’avais le sentiment qu’il y avait quelque chose à faire maintenant. J’ai donc déposé une candidature spontanée, en sachant pertinemment qu’il y avait un risque que je doive oublier l’école pour me concentrer sur mon travail.

 

Lorsqu’on m’a annoncé un poste correspondant exactement, ou presque, à ce que je proposais, j’étais abasourdie. Les étoiles se sont finalement alignées pour que je puisse continuer d’œuvrer pour cette belle École.

 

Pouvez-vous expliquer vos missions et votre rôle ?

Être famille relais, c’est prendre un chien chez soi et s’en occuper, de quelques jours à quelques semaines, en fonction du motif du relais. Par exemple, un chien guide peut être placé en relais si son maitre, pour raisons médicales ou de déplacements, ne peut pas le garder pendant un laps de temps généralement court.

Pour Roma c’est différent, même assez exceptionnel ; Sa famille d’adoption a été trouvée récemment mais celle-ci ne pouvait pas la récupérer dès sa réforme. Je la garde donc avec plaisir jusqu’à ce que sa famille soit en mesure de l’accueillir définitivement.

 

Lorsque j’ai gardé Péo, j’ai dû respecter tout ce qu’on m’a dit, car il est primordial de maintenir ses connaissances et ne pas lui faire prendre de mauvaises habitudes. Roma a une belle base d’éducation que j’essaie de conserver. Elle reste cependant coquine, très joueuse, très dynamique et juvénile. Elle tente des choses… Je sais à quel point il est plus facile de vivre avec un chien bien éduqué, donc je fais au mieux pour qu’elle garde ces précieuses bases.

 

Que vous apporte ce bénévolat au quotidien ?

Beaucoup de joie ! C’est un contact privilégié avec le chien.

 

Je me répète tous les jours que je ne la garderai pas pour ne pas trop m’attacher à elle et surtout, je sais qu’elle va être très bien dans sa nouvelle famille d’adoption.

Je fais au mieux pour participer à son bien-être, et rendre cette transition la plus fluide possible. De plus, je trouve ça très joyeux un chien, c’est vraiment un super compagnon. Ça demande certes de l’organisation, de revoir un peu ses plannings, notamment pour Roma car elle a un énorme besoin de se dépenser. Donc oui, il y a des contraintes, mais le plaisir l’emporte.

 

Quelles sont vos relations avec l’École de Chiens Guides de Paris ?

Du statut de bénévole, j’ai eu la chance de rentrer comme salariée. 

Je suis chargée du développement des partenariats entreprises et du mécénat, très fière de représenter l’École et le travail de toute l’équipe de salariés. L’ambiance et l’esprit d’équipe est incroyable, le relationnel est très riche, tant au sein qu’à l’extérieur de l’École.

remise de chèque de 5000€ par l'entreprise SEMERU

Je suis très contente de me lever le matin et de me dire « je suis fière de ce que je fais ». C’est une chance incroyable.

 

Le mot service a retrouvé tout son sens, j’ai retrouvé le sens de l’engagement aussi. J’évolue dans une équipe jeune, hyper responsable, je suis assez admirative de leur travail, fière et heureuse de les représenter ainsi que représenter la mission de l’école.

J’ai également développé une relation forte avec les ambassadeurs, qui agissent eux aussi comme représentants. Ils sont nos forces vives ! Ils sont importants et cruciaux, et c’est agréable d’avoir cette équipe de bénévoles motivés, énergiques, qui répondent présent et qui sont également fiers d’œuvrer pour l’École. Ils sont à fond, et c’est vraiment moteur. 

 

Avril 2022

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