Un pas ensemble fait la différence
Le nouveau centre de Buc recherche des familles d'élevage
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 L'histoire de Belem

Découvrez le journal d'un chien guide... pour vivre de "l'intérieur" la formidable aventure de sa formation et de sa rencontre avec Khadija sa future maîtresse...

De son séjour en famille d'accueil à ses premiers pas avec sa maîtresse, Belem vous raconte tout... à travers les mots de Patricia sa famille d'accueil, Stéphane son éducateur et Khadija qui a voulu vous communiquer ainsi la formidable expérience qu'elle vit avec son chien guide.

fleche PM Album photos de Bélem

Belem et sa maitresse

   Bélem en famille d'accueil

Ouah, ouah (bonjour) ! C'est moi, Belem! Je suis né le 21 juillet 2006. On m'a dit que je suis un chiot labrador croisé golden, de couleur sable. Mais, pour moi, ça ne change rien, ce qui compte c'est de m'amuser et que ma gamelle soit bien remplie!  Le 13 septembre j'ai quitté ma maman et, avec mes frères et soeurs, nous sommes partis pour l'école des Chiens Guides. C'était très impressionnant mais avons retrouvé nos grandes soeurs qui sont en éducation. Tous les jours des stagiaires sont venus s'occuper de nous: nous sortir, jouer avec nous et surtout préparer nos repas. Les éducateurs nous faisaient faire des petits exercices amusants, ils appelaient ça des tests. Pour nous reconnaitre plus facilement ils nous ont mis des colliers de couleur, le mien est rouge.

Belem chiot beige avec des oreilles plus foncées

Dans la nurserie

avec ses frères et soeurs
avec ses frères et soeurs

Dans ma famille

Belem sur le dos dans sa corbeille

Un peu plus tard, je suis arrivé dans une nouvelle maison, à Chaville. D'abord, j'ai fait le tour de l'appartement: j'ai découvert un panier super confortable! Il est pas mal, mais j'aime bien aussi le tapis du salon. Tiens, je vais faire pipi dessus... Oh, là, là!!! Mes maîtres n'ont pas l'air contents du tout!

Maintenant, c'est l'heure de manger. Miam, miam! Oh les bonnes croquettes! Et, en plus, la gamelle est pour moi tout seul, je n'ai pas à la partager avec mes frères et soeurs! Là, c'est l'heure de la sieste bien méritée, après toutes ces émotions...

Je n'ai pas très envie de sortir: apparemment, je n'ai pas le choix: bon, j'y vais quand même. De retour à l'appartement, je vais enfin pouvoir me soulager: j'ai déjà testé le tapis du salon, je peux peut-être essayer le tapis de la cuisine! Oh, là, là!!! Là non plus, ça n'a pas l'air de plaire! Et en plus, on me traîne dehors illico presto! Quelle vie de chien!

Je découvre mon nouvel univers. Aujourd'hui, mes maîtres m'emmènent en forêt. J'ai rencontré des copains, mais pourquoi ils ne veulent pas tous jouer avec moi ? Je peux aussi courir dans les grandes herbes et creuser les taupinières: c'est trop drôle! Enfin, on fait demi-tour: c'est pas trop tôt, je commençais à être fatigué... Heureusement, je connais le chemin, alors je ramène mes maîtres à la maison: ils sont tout étonnés de mon sens de l'orientation!

Belem et son nouveau copain

Oups, j'ai une envie pressante! Je vais aller dans mon panier: espérons qu'ils ne s'en apercevront pas! Oh, là, là!!! C'est pas la joie! Bon, je crois que je n'ai plus le choix: je vais devoir faire l'effort d'aller dehors la prochaine fois...

Belem à la mer!

drôle de goût cette eau!
Brrrr, c

A la Toussaint, j'ai découvert la mer. Je suis allé à Saint-Malo: c'est bien le moins que puissent faire mes maîtres car n'ai-je pas le nom d'un trois-mâts ? En plus, ma maîtresse est malouine! On s'est bien trouvé, n'est-ce pas ? Je m'en suis donné à coeur joie: j'ai couru sur la plage, j'ai creusé un trou dans le sable... J'ai voulu emprunter une pelle à des enfants pour creuser: ça aurait été plus facile, mais j'ai dû la rendre! Tant pis: j'y suis allé avec les pattes! Qu'est-ce que c'est bien! Les vagues, c'est amusant. Au début, cela me faisait un peu peur. Et puis, j'ai réussi à boire un peu d'eau: ce n'est pas très bon, quel drôle de goût! Ensuite, j'ai vu un maître lancer une pierre à son labrador dans l'eau, en lui donnant l'ordre " cherche ". Alors, comme je connais cet ordre, je suis allé dans la mer avec l'autre chien et je suis revenu à la nage, sans boire la tasse. L'eau est bien fraîche à cette saison!

Mon apprentissage

Comme j'ai une excellente mémoire, j'apprends vite. Voici ce que je sais faire à l'âge de 6 mois:

Les besoins au caniveau. Le début a été un peu difficile car je préférais faire mes besoins dans l'appartement... Ma maîtresse me sortait beaucoup, mais je ne faisais pas dehors. Je ne vous raconte pas la tête de mes maîtres! Petit à petit, j'ai compris que c'était plus confortable de faire dehors (félicitations, caresses...). Puis, ma maîtresse m'a appris à faire au caniveau. Aujourd'hui, dans la rue, je vais de moi-même au caniveau et même dans la forêt, je fais mes besoins dans les fossés ou sur les côtés des chemins.

Belem assis dans sa corbeille

" Va à ta place! " ou " ta place! " Alors là, c'est super facile! Je connais cet ordre depuis le 1er jour dans ma famille d'accueil, voire avant! J'y vais quand mes maîtres me le demandent *, quand j'ai envie d'être tranquille ou pour dormir (sauf, quand je dors sur le tapis de la salle à manger!). Si je n'obtempère pas immédiatement, mes maîtres m'y emmènent manu militari . Je suis vexé quand je me fais gronder, alors je préfère obéir et aller de moi-même à ma place.

Belem assis devant sa gamelle

Le rituel de la gamelle. Le rituel de la gamelle - que je ne connaissais pas quand je suis arrivé dans ma famille d'accueil - c'est attendre à sa place, jusqu'à l'appel du maître, puis s'asseoir et manger après un sifflement et l'ordre " prends ". Comme je suis assez gourmand (eh oui, j'ai des origines " labrador "...), j'ai rapidement intégré que si je me jetais sur la gamelle, ma maîtresse la soulevait: pas pratique pour manger! et surtout, il faut attendre encore plus longtemps!

Je sais aussi faire :

  • au pied,
  • assis,
  • couché.

au pieds
assis
couché
Belem à sa place dans la voiture

J'ai aussi appris plein d'autres choses comme prendre les transports en commun, accompagner mes maîtres au marché ou en vacances.

Les trajets en voiture, j'adore! Mais attention pas question de monter sur la banquette...

L'école

Une fois par mois, ma famille d'accueil m'emmène à l'école pour faire le point sur ce que j'ai appris et sur les ordres à travailler dans le mois suivant.C'est l'occasion de voir mes frères et soeurs. Nous avons surtout envie de jouer ensemble, mais nous sommes là avant tout pour apprendre notre futur métier...

Belem et son collier Halti
réunion de familles d accueil

Nous voici en train d'écouter les consignes du Directeur. C'est ma maîtresse qui a pris la photo, il a donc fallu me prêter une autre "famille".Je suis à droite, celui qui porte un collier Halti, ne me confondez pas avec le reste de la famille!

Le Halti c'est juste un collier qui permet de me diriger par la tête, et plus particulièrement par le museau (un peu comme les chevaux avec leur licol). On apprend ainsi à marcher sans tirer et à ne pas renifler par terre. Quand on va être chien guide il vaut mieux regarder où l'on va...

La détente.

 Pour me socialiser avec les autres chiens et me permettre de me détendre, nous allons au moins 1 fois par jour en forêt. Je vous joins quelques photos de moi cet automne: j'avais 4 mois. Je dois avouer que c'est la partie de mon éducation que je préfère.

De temps en temps, nous y allons avec ma copine préférée: Appie! C'est une chienne golden retriever d'environ 1 an.

Qu'est-ce que je suis content quand je la vois! Je la vois régulièrement parce qu'elle habite en face. On adore se rouler par terre et se mordiller. Je peux lui tirer les oreilles: c'est super!

Belem et Appie
Belem en forêt

J'adore dormir au soleil, surtout après avoir mangé. Je rêve souvent: mes moustaches et mes pattes bougent, puis après j'émets des sons qui ressemblent à des aboiements étouffés.

Cela fait beaucoup rire mes maîtres!

Belem dort sur le balcon

Mes soins de beauté

Le brossage quotidien: Tout le monde dit que j'ai le poil très doux! C'est vrai, mais à la condition de l'entretenir. C'est pourquoi, ma maîtresse me brosse tous les jours. Dans le cou, c'est mon endroit préféré!

la douche
Un petit coup de brosse

Belem à l'école

Belem et Stéphane

Le 13 août , j'ai fait ma rentrée à l'école.

Ne croyez pas que j'étais triste de quitter ma famille d'accueil! A l'école, c'est cool: il y a des copains pour jouer et puis, les éducateurs nous font faire des exercices. Pas le temps de s'ennuyer!

Comme les "grands" j'ai changé de costume de travail et enfilé le harnais. Regardez comme j'ai fière allure!Les trois week-ends suivants je suis retourné dans ma famille d'accueil. J'étais également content de la revoir!

J'ai profité des week-ends pour me reposer et dormir... Ma famille d'accueil est fière de moi car elle est convaincue que je vais devenir un excellent chien guide d'aveugle et un adorable compagnon pour mon futur maître.

Maîtresse, je te remercie pour ta patience et tes calins. Je ne t'oublirai jamais, nous avons partagé tant de choses ensemble.

Les premiers mois

Au cours des détentes dans le bois et des jeux qu'il me proposait, mon éducateur, Stéphane, a pu se rendre compte de ce que je savais déjà faire. Petit à petit il rajoute des exercices pour que j'apprenne de nouvelles choses.

Le rappel : La détente (ou si vous préférez la promenade dans le bois) c'est un moment super. J'y vais avec les autres chiens dont s'occupe Stéphane et parfois aussi avec d'autres éducateurs et leurs chiens. Nous sommes tous lâchés, quelle joyeuse pagaille! Quand Stéphane siffle je dois revenir tout de suite au pied. Ce n'est pas facile car souvent les autres continuent de s'amuser. Mais lorsque j'ai obéi j'ai une petite récompense ou une grosse caresse et je sais que je les retrouverai plus tard.
J'apprend aussi à bien me positionner, assis, toujours à gauche et contre mon maître. Si je reste à distance devant lui, il ne pourra pas savoir que je suis là...

Rapporter un objet :

 J'aime bien courir derrière le jouet que me lance Stéphane, j'ai déjà appris à rapporter mais maintenant il faut que je le lui donne bien dans la main et que je le lâche lorsqu'il me le demande.

Encore un exercice important pour mon futur " métier ". Si je pose le jouet par terre devant mon maître il ne le trouvera pas et on m'a bien expliqué que la position à quatre pattes m'est réservée. Je pourrai ainsi jouer avec lui mais aussi rapporter des objets qu'il aura égaré ou fait tomber.

Stéphane lance
Belem l a rapporté il est félicité

Les positions : Assis, couché, debout. J'ai déjà appris tous ces mots avec ma famille d'accueil, je connais aussi un peu les gestes associés à la voix. Stéphane me fait travailler aussi sans la voix, uniquement avec les gestes, et plus difficile: à distance. Je dois obéir " au doigt et à la voix " et cela m'oblige à être toujours attentif à ce qu'il fait. Je pourrai ainsi plus facilement communiquer avec lui lorsque je le guiderai et qu'il y aura un obstacle sur le trajet.

signe assis
signe couché
signe reste

La marche au pied : En laisse, je marche à côté de Stéphane, toujours du côté gauche, sans tirer et je fais attention aux changements de direction et de rythme.

Quand je partirai avec mon maître pendant le week-end avant la remise ce sera plus agréable pour lui.

Je marche aussi au pied sans laisse pour rester auprès de mon maître même en liberté. En détente il peut y avoir des endroits où il ne voudra pas que j'aille. Une belle mare boueuse par exemple ou un endroit très sale

marche au pieds

"Reste" et" ta place" : Il s'agit de rester au même endroit indiqué par Stéphane malgré tout un tas de distractions (mes copains qui passent ou qui jouent devant moi, des oiseaux et même un chat!). Au début Stéphane est tout près puis il s'éloigne et peut même disparaître. Pas question d'en profiter, il reviendra!

Belem est à sa place
reste! Stéphane tire sur la laisse mais Belem ne bouge pas

Plus tard il faudra que je sois très patient en présence de mon maître comme en son absence. Pour une réunion je pourrai rester à côté de lui mais dans d'autres circonstances il faudra que je reste seul quelques instants.

Le caniveau : En ville je dois faire mes besoins dans le caniveau. Le plus souvent c'est Stéphane me le propose mais si j'ai un besoin urgent je sais le lui faire comprendre.

Quoiqu'il en soit pas question de s'y précipiter cela pourrait être dangereux, j'attends donc au bord du trottoir l'autorisation de descendre sur la route.

Belem est assis devant le caniveau

 Pas question non plus de lever la patte, les passants risqueraient de ne pas apprécier...

Belem fait ses besoins dans le caniveau

Mes études

Je commence à apprendre à guider

Les lignes : C'est le mot qui indique les bandes blanches des passages piétons. Je le connais déjà puisqu'avec ma famille j'ai appris à m'asseoir au bord du trottoir devant " les lignes ".

Maintenant je porte le harnais et il faut que j'emmène Stéphane jusqu'aux lignes, que je m'arrête sans qu'il me le demande et que j'attende qu'il décide du moment opportun pour traverser et m'indique la direction à suivre.

Une traversée de route...

En arrivant au carrefour Stéphane me demande "les lignes à droite" ou "les lignes à gauche" ou "les lignes devant" et c'est à moi de l'emmener en face du bon passage. Je m'assoie au bord du trottoir et j'attends son ordre pour traverser. S'il y a une voiture garée (bien que ce soit interdit cela arrive assez souvent!) il faudra que je la contourne et qu'ensuite je retourne sur les lignes pour bien les suivre jusqu'au trottoir d'en face. Ce n'est pas si simple avec les traversées avec les "lignes" décalées, les couloirs de bus à contre sens, le tram au milieu, etc...

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Les recherches :

C'est comme un jeu par contre ce n'est plus un jouet qu'il faut chercher mais un lieu.

Pour "le siège" je pose ma tête à l'endroit où Stéphane pourra s'asseoir. De cette façon il saura exactement où se situe la place libre. Pas question de poser la tête sur les genoux de quelqu'un pour demander une caresse même si c'est bien tentant...

Je suis aussi capable d'emmener Stéphane à un arrêt de bus: le "poteau" ou "le siège" s'il s'agit d'un abris bus.

Nous partons souvent en ville dans des lieux toujours différents.

Belem indique le siège

Les obstacles : Je dois faire éviter à mon maître tout ce qui risque de le faire tomber ou de le blesser s'il se cogne dessus. Dans une ville il y a beaucoup d'obstacles: des objets comme des poubelles et les panneaux publicitaires déposés sur les trottoirs, les feux de signalisations, les tables chaises et parasols devant les cafés mais aussi les vélos et motos qui se garent n'importe où, etc... Il y a aussi les passants qui ne regardent pas toujours où ils vont...  

Au début Stéphane m'a fait travailler sur la piste de l'école. Elle est amusante cette piste, pleine de tuyaux, panneaux en hauteur et trous au sol, car elle change tout le temps. Chaque jour le parcours est différent ce qui m'oblige à réfléchir et à envisager de nouvelles solutions. C'est pour éviter le conditionnement. En effet si le parcours était toujours le même après plusieurs passages je pourrais le faire "les yeux fermés".
Ensuite Stéphane a emmené ces obstacles avec lesquels j'ai appris à l'extérieur, devant l'école puis sur les trottoirs en ville.

Belem assis devant la porte fermée

Maintenant lorsque je rencontre un obstacle naturel je sais comment faire:
- Si je peux le lui faire éviter je le contourne sans m'arrêter.
- Si le passage est complètement bouché ou si j'estime qu'il est trop étroit pour nous deux je le "marque" en m'asseyant ou en me couchant.
Stéphane va identifier l'obstacle avec sa main ou son pied et suivant le cas il me demandera de le franchir ("va") ou de faire "demi-tour" pour chercher un autre chemin. Pour lui faire faire demi-tour je tourne toujours à droite pour passer devant lui car si je tournai à gauche en étant par exemple devant la bordure du trottoir il risquerait de tomber sur la route.

Les obstacles au sol: Par exemple des tuyaux qu'il faudra que je les contourne par la gauche, par la droite ou que je passe au milieu. Il faut toujours que je pense à laisser suffisamment de place pour mon maître lorsque je contourne un obstacle par la droite. S'il n'y a pas de passage je me couche. Lorsque Stéphane me dit "va" je me relève et je mets deux pattes de l'autre côté ensuite j'attends "va" pour passer les deux pattes arrière puis au troisième "va" je peux continuer mon chemin.

Le vide: Attention danger! Je me bloque, je me couche et je refuse d'obéir si mon maître me demande d'avancer. Imaginez ce qui pourrait arriver sur le quai d'une gare, ou lorsqu'il y a des travaux mal protégés.

belem se couche devant un trou

Les passages étroits: Dès que c'est moins large qu'une porte je dois le signaler. Lorsque c'est un peu juste, je ralenti et me décale un peu pour que nous puissions passer tous les deux. Si l'espace est insuffisant je dois contourner l'obstacle. Par exemple une voiture est garée sur le trottoir et nous ne pouvons pas passer entre le mur et elle: je conduis Stéphane devant le caniveau, je m'assoie et j'attends "va" pour descendre sur la chaussée, je contourne la voiture et reprend aussitôt le trottoir en lui indiquant bien sûr la bordure de trottoir puis nous poursuivons notre chemin. Vous comprenez bien que parfois il vaut mieux se serrer un peu et essayer de passer quand même plutôt que marcher sur la route...

Les obstacles en hauteur: Il y en a beaucoup comme les barrières à l'entrée des parc, les tables, les parasols, les échelles, les panneaux qui dépassent du mur,... sous lesquels je peux passer lorsque je suis seul. Avec Stéphane je dois faire très attention c'est pour cela que je dois marcher la tête bien haute et non pas le nez au sol.

Les personnes: Pas facile car ces "obstacles" bougent, changent brusquement de direction, s'arrêtent sans prévenir! Le pire ce sont les marchés car en plus ils ont des gros paquets qu'ils secouent dans tous les sens et pas question de se laisser distraire par toutes les bonnes odeurs et les diverses choses appétissantes tombées au sol. J'ai appris à changer de rythme de marche avec l'ordre "doucement". C'est très utile lorsqu'il y a beaucoup de monde mais aussi lorsque le sol est gelé.

obstacle en hauteur sur la piste de l

Les escaliers: La première marche d'un escalier est un obstacle donc je la marque en m'asseyant puis avec l'ordre "va" je pose mes 2 pattes sur la marche suivante et j'attends pour continuer à avancer que Stéphane ait posé son pied dessus. Je sais aussi faire la différence entre l'escalier qui monte ("l'escalier") et celui qui descend ("la descente") et je refuse de prendre un escalator dans le mauvais sens.

Les parcours : Stéphane me fixe un objectif par exemple "cherche le métro" et il faut que je l'y conduise sans le mettre en danger. Je fais ainsi beaucoup de parcours différents où les obstacles sont naturels (rues plus ou moins encombrées) dans différents lieux plus ou moins fréquentés (marchés, gares,...) et avec de nombreuses distractions (autres animaux, odeurs alléchantes, enfants qui jouent...).

Le diplôme

Belem porte fièrement son diplôme

Mon carnet de travail est rempli, je sais parfaitement faire tous les exercices "au bandeau" sur un trajet connu. Je vous rassure quand je dit au bandeau c'est Stéphane qui porte le bandeau pas moi!

Je suis prêt à passer mon "Certificat d'aptitude au guidage".

 Une partie concerne l'obéissance (marche au pied avec ou sans laisse, rappel, rapport d'objet, positions, "ta place" et "reste") dans un lieu que nous ne connaissons pas. (Durée: 15 à 20 mn)

 L'autre du guidage sur un parcours inconnu avec évitements d'obstacles et recherches. (Durée: 45 mn)

Les paparazzis n'ont pas été invités: concentration oblige! Stéphane porte son bandeau pendant toute la durée de l'examen. L'examinateur nous suit, il donne à Stéphane les indications sur le chemin à suivre et note mon comportement et ma prise d'initiative devant les situations problématiques.


La rencontre

Premier contact

Le 12 décembre:  j'entends que Laurence, éducatrice, s'approche de mon box en compagnie d'une jeune femme et je distingue parfaitement ce qu'elles se disent. La dame dit qu'elle veut un petit chien, un chien de poche, qui marche assez vite et qui n'a pas peur des enfants... on dirait qu'elle parle de moi et c'est de l'avis de Laurence d'ailleurs qui lui répond "j'ai ce qu'il vous faut je pense!". Laurence me sort et fait les présentations. Comme je suis un peu timide je ne vais pas franchement vers la nouvelle venue. Pourtant elle a l'air sympa, elle me papouille, me gratouille avec une petite brosse dans le cou comme j'aime, elle me parle gentiment... mais qu'est-ce qu'elle me veut au fait cette gentille personne? Elle me met le harnais, et hop nous voilà partis dans les rues de Saint-Mandé. Je me retourne toutes les 2 secondes, bah oui, c'est la première fois que je me promène au harnais avec une autre personne que Stéphane ou un de ses collègues... C'est à moi de la guider et je dois faire de mon mieux même si je n'ai pas encore mon diplôme. Je lui montre tout ce que je sais faire, je marque tous les passages piétons, tous les obstacles, m'assieds avant de descendre dans le caniveau pour faire mes besoins, oui je faillotte!!! Je me retourne encore et encore et c'est toujours elle au bout du harnais! Ça sera elle ma nouvelle maîtresse, je ne sais pas, elle ne le sait pas elle-même je crois qu'elle doit rencontrer d'autres copains. Elle semble pourtant très contente de moi, de ma démarche, de ma physionomie, j'crois bien que je lui plais quand même. Elle me ramène à mon box, me dit que j'ai bien travaillé, et je l'entends dire à Laurence que pour l'instant c'est moi qu'elle préfère mais qu'elle aimerait bien voir un flat. Oups! Elle qui voulait un petit chien, moi je sais qu'elle ne prendra pas de flat, ils sont tous plus gros que moi, c'est presque gagné!

Khadija et Belem

Vendredi 21 décembre : Tiens, j'entends une voix que j'ai déjà entendu quelque part non loin de mon box... C'est Khadija, la dame aveugle de l'autre jour, chouette elle vient me revoir, son choix se précise on dirait! Elle est contente de me voir et moi aussi et je le lui montre un peu moins timidement que la dernière fois. On va se promener à nouveau. Je l'entends demander s'il lui serait possible de m'emmener en détente le mercredi suivant avec d'autres copains, mais Laurence lui dit qu'il est trop tôt, qu'on ne se connaît pas encore assez bien elle et moi, dommage!! Cette fois quand elle me ramène à mon box elle est sûre, c'est moi qu'elle veut, chouette! Je sais qu'il faut encore que je travaille pour avoir mon diplôme et je vais faire de mon mieux. Ma future maîtresse me caresse pour me dire au revoir et on prend rendez-vous pour le 31, chez elle.

Suspense...

Lundi 31 décembre : Je pars de l'école avec Laurence direction le 15e arrondissement de Paris. Nouveau quartier, nouvelles odeurs, c'est plutôt calme ici. On arrive à l'appartement de Khadija et là surprise! Elle me dit bonjour et me présente à la famille. Son conjoint qui me fait une petite papouille et ses enfants. Le plus grand est debout à côté de moi et Khadija lui montre comment il doit me caresser sans me faire mal. Le plus petit ne se tient pas debout tout seul, il va à 4 pattes comme moi et pourtant il ne me ressemble pas. Khadija le prend dans ses bras et pose sa petite main sur moi. Ils ont l'air gentils mais je reste un peu méfiant encore. Je fais le tour de l'appartement, il y a des peluches partout ici! De loin j'aperçois une pièce pleine de jouets. J'ai envie d'y aller mais Khadija me demande de revenir, interdit d'aller dans les chambres côté moquette...tant pis, je réessaierai une autre fois. Laurence propose à ma future maîtresse d'aller faire un tour dans le quartier. Les enfants me font une dernière caresse et hop c'est parti! On va de la maison de Khadija au tramway et je lui montre à nouveau toutes les choses que je sais faire. A l'arrêt du tramway, je lui indique même un siège. Elle me félicite et semble décidément très satisfaite de mon travail. De retour chez Khadija, on se sépare et je rentre à l'école avec Laurence. Cette fois c'est sûr, c'est elle qui sera ma maîtresse!

Mercredi 16 janvier :  Stéphane vient me sortir de mon box et arrivé dans le hall d'entrée de l'école, je vois Khadija qui m'attend. Je cours vers elle mais j'hésite. Mon éducateur est là, ma future maîtresse aussi, je ne sais plus trop comment je dois me comporter. On refait le trajet que j'avais déjà fait avec Laurence et Khadija dans Saint-Mandé et je montre à Stéphane que j'ai bien assimilé ce qu'il m'a appris. Stéphane trouve que nous allons bien ensemble Khadija et moi et qu'on dirait même que ça fait longtemps qu'on travaille au harnais. De son côté Khadija est moins crispée sur le harnais, plus détendue, ça y est elle me fait enfin confiance. Stéphane et elle parlent et Khadija lui dit qu'elle se sent prête à me recevoir en week-end chez elle. Ca y est, ça semble sérieux maintenant.
 Vendredi 18 janvier 2007:
Stéphane me conduit chez Khadija. A l'arrivée il lui laisse un sac de croquettes et elle lui pose tout un tas de question sur mon comportement, le poids de ma gamelle, mes habitudes pour les sorties caniveau... On fait un petit tour dans le quartier pour repérer les bons coins pour les besoins et c'est l'heure pour Stéphane de repartir. Moi je ne sais plus trop où j'en suis. D'abord une famille d'accueil, puis un éducateur et là une nouvelle maîtresse, sans compter tout ce que j'ai appris depuis que je suis revenu à l'école, ma tête de petit chien ne s'y retrouve plus trop. A 17h on va chercher les garçons à la crèche. Je reste dans l'entrée avec ma maîtresse et souvent les parents qui passent près de nous s'arrêtent et me montre à leurs enfants. La directrice de la crèche est là aussi, elle me caresse beaucoup et semble très contente de savoir que ma future maîtresse va avoir un chien-guide. Gaël, le plus petit des enfants de Khadija arrive dans les bras de son papa. Il veut à tout prix me caresser mais je recule, il m'intimide un peu ce petit bonhomme. Puis Alexy débouche dans le couloir et m'appelle, il est vraiment content de me revoir. Dans la rue, les enfants restent avec leur papa et moi avec Khadija, ouf, c'est mieux comme ça. A l'appartement, les enfants curieux de ma présence viennent vers moi mais je me méfie. Je ne les connais pas et je préfère apprendre à les connaître avant de me laisser papouiller par eux. Celui qui me suit partout c'est Gaël, il galope à 4 pattes derrière moi et croit que je joue avec lui quand je m'en vais à son approche. Mon comportement effraie un peu ma maîtresse qui stresse beaucoup du coup. Le lendemain, quand Stéphane appelle pour avoir des nouvelles, j'entends Khadija lui parler des ses craintes et lui dire qu'elle me ramènera à l'école le soir-même et qu'il faudra retravailler avec les enfants. Elle dit qu'elle ne veut pas s'engager dans une remise tant que je resterai méfiant à l'égard de ses enfants. Rien n'est plus sûr finalement, holala, dur dur tout ça!
 

Mercredi 23 janvier: Je reviens voir Khadija chez elle, accompagné cette fois par Stéphane et Monsieur Roméro. Alexy est là aussi et je m'approche de lui timidement. Stéphane et Monsieur Roméro décident de sortir un moment et me laissent seul avec mes futurs maîtres. Khadija m'incite à jouer, mais je n'ai pas envie. J'aime bien être là, j'aime bien Khadija aussi, mais je me sens désorienté. Je joue très mollement et je décide d'attendre le retour de Stéphane couché sur mon tapis. Khadija m'appelle sur tous les tons, gentiment, fermement, mais rien à faire, je ne veux pas jouer je veux rester là et observer, je veux qu'on me laisse le temps d'apprivoiser cette nouvelle famille. Quand Stéphane et son chef reviennent, Khadija lui explique mon comportement et j'entends Monsieur Roméro lui expliquer tout ce que je ressens, on dirait qu'il a lu dans mes pensées, enfin quelqu'un qui me comprend. La prochaine fois ça ira mieux lui dit-il, puis de mieux en mieux, puis vous finirez par pester tellement vos enfants et votre chien seront complices et feront de bêtises. Ma maîtresse comprend et demande simplement qu'on recule la date du stage de remise initialement prévu le 11 février. Au moment de partir, je ne sais plus si je dois suivre Stéphane ou rester avec Khadija, que c'est compliqué tout ça!
 

Mercredi 6 février :  Aujourd'hui je reviens chez Khadija mais elle ne le sait pas. Entre temps, comme elle hésite du fait de mon comportement envers ses enfants, elle va revoir un chien qu'elle avait essayé. De la voiture où je suis, je les vois qui tournent dans le pâté de maison mais elle ne semble pas convaincue. Monsieur Roméro lui annonce alors que je suis là et lui demande si elle veut me voir. Je la vois qui sourit, oui elle veut me voir, elle ne m'en veut pas tant que ça alors super! Je cours vers elle, et là, je lui fais une vraie fête, ça y est on se retrouve, on va peut-être continuer le travail commencé? Je l'espère! On monte chez elle, et je suis bien content de revoir ses garçons. Je vais vers eux, les léchouille discrètement, les renifle aussi Alexy surtout me plaît bien, il est doux et puis il a vraiment beaucoup de peluches! Je le suis partout pour le plus grand plaisir de Khadija. Je dois repartir pour l'école, mais je sais maintenant que la partie est gagnée. Khadija doit quand même confirmer son choix, Quel suspens!
 

La décision

Mercredi 13 février :  Ca y est, Khadija a confirmé! On continue le travail ensemble, elle viendra bientôt à l'école pour qu'on reprenne nos pré stages. Et je dois aussi repartir en week-end chez elle prochainement super! Quelle bonne semaine! Le lendemain 7 février, je décrocherai mon diplôme avec succès!
 

Samedi 23 février: Depuis que je sais que j'irai chez Khadija bientôt, je travaille dur. Chaque fois que je la revois, c'est une fête sans nom! Depuis hier je suis chez elle et ça se passe très bien. Je la suis partout et chaque fois qu'elle s'approche de moi je remue la queue. Je me suis bien habituée à elle, à sa voix, son odeur, et ses enfants qui courent toute la journée ne s'approchent de moi qu'avec leur papa ou leur maman histoire de me rassurer encore. C'est une famille que j'aime bien. Le week-end s'est très bien terminé. Je suis revenu à l'école le dimanche soir, j'étais quand même content de retrouver les copains et l'enclos. Vivement le week-end prochain!

*Belem est en fin d'éducation lorsque commence ce récit. Tant que la remise n'est pas effective, Belem accompagne sa maîtresse comme un chien de compagnie. Le travail au harnais ne se déroule qu'en présence d'un éducateur.


Mes débuts de chien guide avec Khadija....

La remise 

Ca y est c´est la remise! Pendant 2 semaines Khadija et moi allons travailler sous l´oeil vigilant de Stéphane.
Khadija va devoir assimiler tout ce que j´ai appris pendant mon éducation. Elle apprendra les mots que je comprends, les différentes façons de moduler sa voix selon ce qu´elle a à me dire, elle fera le tour de toutes mes connaissances mais aussi de mes limites.

Pour moi, cette période n´est pas toujours drôle, on refait tout ce que je sais déjà faire, il va falloir que je prouve que j´ai bien tout assimilé à savoir, repérer et marquer les lignes, les descentes et les escaliers, les sièges, le métro, le bus, mais également les obstacles en hauteur, les grilles au sol, le vide, le contournement de véhicules garées sur les trottoirs ou l´évitement d´objets encombrants, les différentes vitesses de marche en fonction des situations, sans oublier le travail de nuit!

Au bout d´une semaine et demie passée dans les environs de l´école, Khadija et moi avons de la même façon appréhendé ses trajets quotidiens, de son domicile vers son travail, la crèche, les commerces du coin...

 Ces 2 semaines sont éprouvantes, tant pour moi que pour ma maîtresse, les journées sont bien chargées, mais la remise du harnais en fin de stage officialisant ainsi mon statut de chien-guide est une victoire et la récompense de vrais efforts!

Mes parrains

Patricia, Khadija et Belem

Voilà un peu plus d´un mois que nous travaillons Khadija et moi, et aujourd´hui est un jour particulier. Avec la chargée de communication à l'école, nous rendons visite à une école dans le XVIIe arrondissement de Paris qui a largement contribué à mon parrainage. Dès mon entrée dans l´école, je remarque les mines réjouies et impressionnées des institutrices et des petits élèves qui nous reçoivent. La toute première fois que je suis venu ici, j´avais cinq mois, et j´étais encore en famille d´accueil chez Patricia.

Nous leur avions expliqué ce que je deviendrai quand je serai grand, et voilà qu´ils me voyaient devenu adulte, avec une maîtresse aveugle. Nous avons passé un très bon moment, les enfants ont posé beaucoup de questions et j´ai eu aussi des caresses et des câlins de la part de tous, un pur moment de bonheur partagé!

Aujourd´hui, c´est la porte ouverte de l´Ecole. J´ai un peu de mal à me concentrer, y´a des copains chiens partout! Je me rends sur le stand que Khadija avait en charge ce jour-là et j´étais tranquillement allongé sous la table à surveiller tout ce qui se faisait autour de moi, quand tout à coup, une voix familière interpelle ma maîtresse et demande si elle est bien la maîtresse de Belem. Cette voix, je la reconnaîtrais entre mille! Je sors de sous la table et là, c´est la fête, un vrai moment de joie, c´est Patricia, oui c´est bien elle! Pendant un long moment elle me papouille, elle me caresse, et moi, je lui témoigne toute l´affection possible, nos retrouvailles sont magnifiques, émouvantes. Pour me remettre de mes émotions, on décide d´aller au bois, histoire de me dégourdir les pattes et de me dépenser un peu. Pour la première fois, ma famille d´accueil et ma maîtresse étaient réunies pour moi, quelle fête!

Par la suite, j´ai revu Patricia le 28 septembre à l´occasion de la journée porte ouverte commune aux écoles de chiens guides affiliées à la Fédération des Associations de Chiens Guides et dès lors, une fois par mois, on se retrouve pour de belles balades en forêt de Chaville.

Aujourd'hui, Khadija et moi sommes allés nous promener à Chaville, mais là, c'était différent des autres fois.
 Tout d'abord, dès mon arrivée, je suis retourné dans l'appartement où j'étais quand j'étais un petit chiot. J'ai tout de suite reconnu les lieux, j'ai visité chaque recoin et j'ai même pu jouer avec une balle que Patricia avait gardée. J'étais heureux, mon petit monde était réuni autour de moi, Patricia, son mari, de la famille de Bretagne chez qui j'allais aussi avant d'entrer en éducation, et Khadija bien sûr! Tout le monde était avide de mots gentils et de caresses pour moi, ça a été un jour mémorable.

Dans la forêt, j'ai revu ma copine Beauty. Nos retrouvailles étaient d'abord timides mais au bout de quelques minutes, nous avons vite repris du poil de la bête et recommencé nos jeux là où nous les avions laissé il y a un an.
Ce soir-là, je n'ai pas bougé de mon tapis, fatigué mais sacrément heureux!

Promenade en forêt avec mes 2 maîtresses

Un an déjà que je suis chien-guide, que ça passe vite! Ca y est, Khadija et moi avons maintenant bien pris nos marques. Tout au long de cette année, nous avons appris à vivre ensemble et maintenant nous formons une belle équipe. Je sais que quand je suis seule avec elle nous pouvons avoir une démarche rapide, dès lors que les enfants sont là, je marche un peu plus lentement et regarde souvent derrière pour être sûr que tout le monde est bien là. Je fais bel et bien partie de la famille et ça c'est chouette!

 Tous les mois, je revois Patricia et au moins tous les 15 jours, je retrouve le cadre de l'école où je vais pour des moments de détente et de plaisir avec d'autres chiens-guides.

Des nouvelles de Belem

La rentrée scolaire

 Bonjour à tous.  Eh oui, ça faisait un moment que je n'avais pas donné de nouvelles; c'est de la faute de ma maîtresse bien sûr. Aujourd'hui c'est la rentrée scolaire. Après 2 mois de repos bien mérité, nous voilà donc repartis vers l'école. Nous, c'est ma maîtresse Khadija, ses deux enfants et moi bien sûr! Il y a fort à parier que cette année encore, je vais avoir droit à des milliers de caresses de la part des petits écoliers et j'adore ça. C'est ça aussi la vie de chien-guide. Mais c'est d'abord le boulot, il va falloir repérer les nouvelles classes, les bancs sur lesquels devront s'asseoir les enfants pour mettre leurs chaussons pendant que je resterai sagement couché dessous. Mais ça sera l'affaire d'une journée ou deux pas plus, ensuite ça sera comme ça toute l'année!

Le samedi c'est jour de détente!

La détente, c'est un service proposé par l'Ecole de chiens-guides de Paris qui nous permet de nous dégourdir les pattes dans le bois de Vincennes pendants que nos maîtres refont le monde au bras des bénévoles voyants qui les guident. Nous les toutous, on s'éclate: on court, on se baigne, on débusque les balles perdues et on se cherche les uns les autres gentiment. Pour faire râler nos maîtres, on adore s'ébrouer tout près d'eux quand on sort de l'eau...

Une expérience désagréable.

Aujourd'hui, il nous est arrivé une chose pas drôle du tout et toujours difficile à supporter. Je devais guider ma maîtresse sur un trajet connu mais nous devions auparavant prendre un véhicule sanitaire pour nous y rendre.

Belem avec son gilet de détente

Quelle n'a pas été la désagréable surprise d'apprendre que parce que je suis un chien, je n'ai pas le droit de monter dans ce genre de véhicule. On n'a pas pris en compte que j'étais guide!! Comme la voiture est venue nous chercher à domicile, Khadija a ouvert la maison, m'a demandé la mort dans l'âme d'aller à ma place et est repartie seule au bras du conducteur. Dès son retour à la maison elle a contacté l'Association nationale des maîtres de chiens-guides d'aveugles (ANMCGA) pour leur faire part de ce problème et avoir leurs conseils. En attendant que l'ANMCGA recherche les textes appropriés, elle a quand même rédigé un courrier à l'attention de la société d'ambulance pour rappeler la loi relative à l'accès des chiens guides et leur a demandé le texte sur lequel la société s'est appuyée pour me refuser l'accès. On attend toujours la réponse et si elle n'arrive pas ou qu'elle n'est pas satisfaisante, Khadija refera ce qu'elle a fait une fois contre un restaurant indien qui n'a pas voulu de moi pour les mêmes raisons, elle portera plainte. Alors si vos maîtres rencontrent le même genre de problème, il faut absolument qu'ils contactent l'ANMCGA au 01 43 03 12 12 pour que l'association les oriente au mieux et les soutienne dans leurs démarches.

Les enfants

Aujourd'hui, c'est le premier cours de judo des enfants. Cette année, ils font cela en plus de la musique et de la natation qu'ils pratiquaient déjà. Et moi, bah je vais partout avec eux. A la piscine, je reste sagement dans le vestiaire affecté aux personnes handicapées pendant que Khadija est dans les bassins avec ses enfants. Au judo, je reste sous le banc et j'attends là le retour des petits. Ma maîtresse pendant ce temps bouquine et les autres parents ont toujours en passant une gentillesse ou une caresse pour moi. Mais le mieux, c'est la musique. Pendant que les enfants travaillent, je cours dans un parc situé juste en face. Une heure rien que pour moi, tranquille avec ma maîtresse qui joue à la balle ou à la corde avec moi ou qui papote pendant que je grignote des bâtons pas trop loin. Khadija dit toujours qu'elle en fait plus depuis qu'elle a un chien-guide, que ça la pousse à sortir notamment pour emmener ses enfants ici ou là. Depuis 2 ans elle participe à la campagne d'information sur le chien-guide de la fédération.
la campagne 2011 est à voir sur ce lien: www.gagnezenautonomie.fr

Accompagner maîtresse.

Aujourd'hui, je vais au Service d'aide à la parentalité des personnes handicapées à Paris. Je prends donc le train puis le métro. Bien sûr Khadija m'a dans nos premiers trajets donné les ordres directionnels. Au fur et à mesure je les ai retenus et souvent même je la précède. Sauf que, quand on passe le ticket, j'ai bien retenu qu'en allant tout de suite à gauche, on prend cette ligne pour aller à la détente donc je me place toujours... au cas où... et quand ce n'est pas le cas, je me résigne et j'avance. Le chemin pour aller à la détente, c'est bien sûr un trajet qui me plaît beaucoup, mais heureusement il y a d'autres endroits chaleureux. Le SAPPH en est un. Ici, je ne croise pas toujours de chiens-guides mais ma maîtresse y retrouve toujours des copains et copines, ça c'est sûr! Et pendant qu'elle échange avec d'autres parents, soit je reste sagement couché à ses pieds, soit je vais dans le bureau des secrétaires où on me câline toujours, ou bien encore je passe le temps avec mon copain Gilles, un monsieur très gentil qui dit toujours de moi que je suis une crème.
Y'a pas mieux que guide comme boulot de chien, c'est moi qui vous le dit!

Lorn assis confortablement sur un petit pneu

Lorn* est né le 3 septembre 2015

J'ai 3 frères: Légo, Loops et Lévada et 5 soeurs: Leffie, Layfa, Linzy, Louad et Lena.

Vous me reconnaitrez facilement grâce à mon collier noir.

Ma Maman, Effie jouait beaucoup avec nous mais elle nous a aussi appris à bien nous comporter avec elle et entre-nous.

La présence de la mère est primordiale pour une bonne socialisation des chiots c'est pourquoi elle reste avec eux le plus longtemps possible.

Effie est maintenant retournée chez sa famille d'élevage. 

*Lorn ou Lorm? Si vous avez lu "Lorm" c'est qu'une coquille s'est glissée dans votre document

Où est Lorn?

Un indice: Mon nouveau collier me gène....

 La période d'éveil, de 0 à 3 mois et demi

Pour devenir un chien guide, Lorn devra avoir les mêmes qualités que ses parents:

  • d'excellentes capacités d'adaptation
  • une excellente relation à l'Homme, aux congénères canins et non canins ( chats, volatiles,...)
  • de bonnes capacités cognitives
  • et enfin le plaisir de travailler et de partager

Afin de connaître, de révéler et d'accroître toutes ces qualités, dont une partie a été transmise par "dame nature " (génétique), Charlène et Effie lui font suivre ainsi qu' à ses sœurs et frères, depuis leur naissance un programme d'éveil rigoureux mais toujours ludique.

Effie et ses chiots
 

Lorn témoigne" je me souviens de ces sorties à la ferme une fois par semaine où Charlène m'a expliqué comment me comporter face aux différents animaux qui m'entouraient. Cela n'a pas été facile au début, j'avais tellement envie d'aller jouer avec les poules. Je me souviens également de ces géants à quatre pattes appelés vaches et chevaux, qui m'impressionnaient tellement, mais Charlène à su me donner confiance et courage pour surmonter cette épreuve.

Plus mon programme avançait plus j'étais serein dans la découverte de nouvelles situations. Charlène était d'ailleurs très fière de moi.

Un autre bon souvenir de cette période au centre d'élevage :
Les mercredis!!
Des enfants venaient partager quelques heures de jeux et des câlins avec nous.
Il y avait aussi des labyrinthes que je devais résoudre afin de récupérer ma balle, ou mieux un os en bout de course. J'adorais ces exercices qui avaient pour but de mesurer mes capacités d'analyse.

Les sorties en ville toujours sous l'œil bienveillant de l'éducateur qui me rassurait si besoin.
Au début nous étions tous ensemble avec mes frères et sœurs dans une brouette spécialement aménagée pour garantir notre sécurité. "On est plus fort à 9!!!"
Puis petit à petit les sorties se sont faites en groupe restreint.
Une fois, nos vaccins en poche nous avons été posés au sol ...."

Lorn en famille d'accueil

Lorn et Valérie

 Lorn va rester plusieurs mois chez Valérie, sa famille d'accueil.

Ils reviendront régulièrement à l'école pour des séances de travail qui permettront de suivre son évolution et d'adapter les exercices à faire en fonction de son âge et de son apprentissage.

Lorn est maintenant un golden retriever de presque 5 mois. Comme tous les chiots, il découvre son corps et c'est avec sa queue qu'il joue sans arrêt en se tournant dans tous les sens pour l'attraper.
Il aboie en voyant son reflet dans les vitres le soir.

Il est plein de douceur et de malice !!!

Normalement les futurs chiens-guides ne montent jamais sur les canapés... eh bien Lorn a compris tout seul le confort.
Un jour, alors que ma soeur venait avec son petit Coton de Tuléar (un chien minuscule) qu'elle avait gardé près d'elle sur mon canapé pour le mettre à l'abri de la fougue de Lorn, celui-ci, une fois mes invités repartis, a profité de ma courte absence pour se lover dans les coussins du fameux canapé.
En revenant dans la pièce il me regardait avec l'air de me dire : "mais pourquoi le copain était sur le canapé alors que moi je n'avais que le droit de rester couché sur le tapis!"

Lorn aime profiter des bonnes choses.

Il aime aussi prendre la place du conducteur en voiture alors que j'essaie de lui faire comprendre qu'il peut rester au pied du siège passager.

Lorn devra apprendre à rester à sa place de chien. c'est sa famille d'accueil qui lui inculquera "les bonnes manières" ainsi lorsque plus tard il accompagnera son maître partout, il sera plus facilement accepté.

Dans la maison sa place est sur son tapis ou dans sa corbeille, dans la voiture, au pieds du passager...

Lorn sur son coussin

Une rencontre émouvante...

Lorn découvre son premier marché, grâce à son body il a été repéré par beaucoup de monde mais en particulier par un couple dont le monsieur portait de grosses lunettes de soleil. Ils sont venus vers nous pour avoir des informations concernant les chiens guides car inéluctablement le monsieur allait perdre la vue. 
Ce moment d'échange fut très émouvant car Lorn se collait aux jambes de l'homme, on avait déjà l'impression qu'il comprenait sa future mission. 
Ce couple fut très touché de notre rencontre et après de longs échanges nous nous sommes quittés avec un sentiment de plénitude sur les rapports humains qui peuvent être si beaux grâce à nos chiens.


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

L'eau !

Lorn apprend à maîtriser l'eau ! J'avais bien remarqué qu'il n'était pas très attiré par l'eau (pluie, flaques ou mer) alors nous y travaillons afin qu'il ne fasse pas des écarts au moment où il guidera son maître aveugle ou malvoyant. Au bord de l'océan qui était ce week-end en furie, il a beaucoup joué avec l'écume blanche soufflée par les vents violents mais ne s'est pas aventuré à mettre une patte dans l'eau...

 Lorn va apprendre à éviter les flaques d'eau mais il doit aussi les traverser s'il n'y a pas d'autre choix (sans sauter par dessus...)

Les courses

Lorn à la découverte des grands centres commerciaux fait figure de bon élève. Après le passage obligé par les vigiles à qui nous montrons sa carte d'authentification, nous allons un peu partout dans le centre commercial et là Lorn se comporte de façon exemplaire. A chaque halte devant un rayon, il se couche et attend l'ordre pour repartir. Il fait souvent retourner les têtes des clients qui voudraient bien lui faire une caresse mais il doit rester concentré alors on avance.

 Les futurs chiens guides ont une carte d'identification qui leur permet d'entrer dans les lieux ouverts au public interdits aux chiens. Un gilet bleu permet de les reconnaitre.

Lorn couché derrière le caddy fait la queue à la caisse

Des rencontres

Lorn aime la compagnie des autres animaux : il est resté impassible devant une vitrine derrière laquelle se lovaient deux petits lapins et a observé avec beaucoup d'intérêt les souris qui courraient à côté. Nous avons aussi rencontré trois chiens d'assistance très calmes qui ont bien joué avec Lorn, il s'amusait à prendre la laisse de la grande golden pour la promener. A l'occasion d'une balade dans la campagne, Lorn a découvert les chevaux qui ne l'ont pas du tout impressionné. Petit à petit il se familiarise avec tous les animaux qu'il pourra rencontrer.

"Les lignes"

2 mots pour indiquer à Lorn qu'il doit s'assoir au bord du trottoir devant le passage piéton et attendre l'ordre pour traverser la route.

Lorn devant les lignes
Lorn et loops attendent pour traverser

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

Les Transports

Une journée parisienne pleine de découvertes...

Partis de banlieue nous avons dû attendre le RER pendant de longues minutes et Lorn n'a pas du tout été impressionné par les bruits stridents des trains qui passaient à toute allure en gare de Maisons-Laffitte. Comme si ce monde nouveau n'avait pas de secret pour lui, il est monté à bord du RER sans la moindre crainte. Nous nous sommes installés dans un coin tranquille pour ne pas déranger les autres voyageurs. Après un long trajet ponctué d'arrêts intempestifs nous voici arrivés à Charles de Gaulle-Etoile. Une fois sortis du RER nous avons suivi le flot des passagers afin de rejoindre le métro, plusieurs escalators nous attendaient mais Lorn a franchi toutes les étapes sans encombres. Le métro avec ses changement ne lui a pas posé de problème.

Lorn dans le métro

Le seul point qu'il reste à travailler est la descente des escaliers ou des escalators : le il a du mal à surmonter le vide de la pent mais en le rassurant doucement il parvient tout de même à descendre.

A la découverte des musées

Après le Grand Palais en février, nous nous sommes rendus cette fois au musée du Quai Branly. Lorn a de nouveau été exemplaire au milieu des collections incroyables qui ne l'ont pas du tout impressionné. A chaque arrêt de la conférencière il se couchait et attendait que je lui donne l'ordre de repartir.

Ce Musée proposant des ateliers pour les personnes en situation de handicap, l'accès de mon élève chien guide n'a pas posé de problème, ils ont l'habitude d'accueillir des chiens guides.  

Lorn visite le musée du Quai Branly

Sortie au théatre

Sortie en famille au théatre... avec Lorn bien sûr!

La foule ne l'a pas du tout gêné, il se faufilait au milieu de tous les spectateurs sans montrer le moindre signe de stress.

Il s'est installé à mes pieds pendant toute la pièce sans bouger. Les rires et applaudissements ne l'ont même pas réveillé !!

Lorn au théatre

Loops

Nous avons eu l'occasion avec la famille d'accueil de son frère Loops de nous retrouver pour faire une journée travail et détente.

Les deux frères s'entendent à merveille et font l'admiration de tous les passants.

Lorn et Loops assis dans l

L'association "Au fil des contes, un fil de vie"

Invité à une « racontée », Lorn a été très à l’aise avec toutes les personnes présentes. Comme à son habitude, il est resté sagement couché au milieu des spectateurs sans se réveiller.

Lorn et l

En tant que filleul de l’association, Lorn a rendu visite au Centre de Loisirs de Marly le Roi lors d’une séance de contes. Les enfants ont pu voir à quel point il est doux et calme.

Des calins

« les compliments ne doivent pas me tourner la tête ....Dans toutes ces rencontres , ce que je préfère , ce sont les câlins et les bisous sans fin. »

Lorn dans le journal de la ville de Marly le Roi


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

Une journée de shopping

Grâce à notre carte d'identification et parfois beaucoup de diplomatie, nous pouvons entrer dans tous les magasins y compris les commerces d'alimentation.

Lorn découvre de nouvelles choses et doit faire preuve de beaucoup de patience...

Il a même du apprendre à rester seul sans bouger à la sortie des cabines d'essayage!

Au restaurant

Lorn est parfaitement à l'aise au restaurant où il est très bien accueilli. Il reste bien à sa place et ne quémande pas.

" je connais bien cet endroit , où l'on est très gentil avec moi , j' y ai un peu mes habitudes et la sieste près du feu , j'adore !!
Je me suis très bien comporté , Valérie peut etre fière de moi et j' espère bien y revenir encore ."

Lorn au restaurant

  

Dès la sortie, le travail reprends: "assis, la descente" pour indiquer la première marche.

Lorn indique la marche

Le collier Halti

collier halti

Tous les chiots sont habitués à porter le collier halti. Il permet de tenir le chien par la tête et non pas le cou sur le même principe que le licol d'un cheval. Ce collier sera plus tard utilisé par les éducateurs et si besoin par son futur maître.

UNNA à la retraite

Je me présente, UNNA, femelle croisée Labrador Golden, j'ai bientôt 11 ans. Mon CV : 9 ans chien guide d'aveugle.

Pendant toutes ces années j'ai accompagné ma maîtresse non voyante dans ses activités professionnelles ou de loisirs. Beaucoup de déplacements en métro, autobus, tramway, PAM, parfois même en avion en cabine à coté de ma maîtresse.
J'étais très heureuse avec elle, j'aimais quand elle m'appelait « mon loup blanc », il faut dire que j'ai un poil très clair. Je crois qu'elle était également très contente de moi et des services que je lui rendais même si de temps en temps je lui rappelais par quelques bêtises que j'étais très joueuse.
Puis en vieillissant ce métier de chien guide est devenu un peu plus fatiguant pour moi, j'appréciais de plus en plus les pauses entre deux sorties.
Nous prenions de plus en plus souvent le PAM et de moins en moins le métro, les escaliers sont très fatigants à monter et à descendre surtout avec mes petits problèmes d'arthrose et d'articulations parfois sensibles.

Et puis il y a environ un an ma maîtresse a commencé à évoquer avec l'école des chiens guides mon éventuelle mise à la retraite. Au début je ne comprenais pas de quoi il s'agissait … la retraite !! Une nouvelle activité à son service ? Un nouvel apprentissage auprès des éducateurs de l'école ?

Unna fait une petite pause

Un jour, elle m'a expliqué qu'elle allait avoir un nouveau chien guide, tout jeune, juste sorti de l'école et qu'elle allait trouver une solution pour que je puisse maintenant aller vivre tranquillement dans une famille ou je n'aurais plus à travailler mais juste à savourer les bonheurs de la vie, promenades, siestes, etc … bien sur elle ferait en sorte que nous puissions continuer à nous voir régulièrement, car elle m'aimait beaucoup, ce que je lui rendait largement.

Durant toutes années nous venions régulièrement faire des détentes au bois de Vincennes, ah !! les détentes c'était un bon moment, en fait une personne bénévole de l'association nous accompagnait pour nous promener dans le bois, ma maîtresse lui prenant le bras et moi totalement libre de vaquer à mes activités de chien, renifler, jouer avec mes congénères, parfois faire quelques bêtises (j'aime bien plonger dans les rivières ou me rouler dans l'herbe ou parfois dans des choses plus inavouables) mais le bénévole était là pour signaler ma bêtise et ou intervenir pour l’empêcher.
En fait, 5 ans de détentes une à deux fois par semaine avec le même bénévole tissent des liens … Et voilà que ma maîtresse, l'école et ce bénévole se sont mis d'accord pour que je puisse aller prendre ma retraite dans sa famille. Pensez-vous, il habite à 200 mètres du bois de Vincennes, à moi les promenades quotidiennes dans cet espace de verdure. L'été il parle même de maison en Bretagne avec un jardin, la plage, je sens que ça va être une bonne vie tranquille qui m'attend.

Voilà, je viens d’emménager depuis quelques semaines chez mon nouveau maître. La famille est très gentille avec moi, il y a même le petit Leonardo de 2 ans1/2 qui me fait plein de papouilles.
Dans l'immeuble tous les gens sont sympa, malgré mon gabarit impressionnant, ils me trouvent très douce et me félicitent d'avoir été chien guide.
Je pense vraiment que je vais passer du bon temps même si ma maîtresse d'avant va me manquer un peu.
Unna.


IVOIRE

Ivoire et son jouet

Bonjour,

Je m’appelle Ivoire et comme vous le voyez, je porte très bien mon nom. Je suis une magnifique chienne de race Berger Blanc Suisse et ma maîtresse m’adore. Il faut dire que je le lui rends bien. Très câline et très joueuse, je passe mon temps derrière elle, j’aime bien quand elle s’occupe de moi.

Elle me fait plein de bisous sur le nez, des "papouilles" et plein de caresses. Oups ! C’est trop bon de se faire dorloter. En ce moment, je dors.

Mais attention que d’un œil ! Je la surveille et dès qu’elle bouge, ça y est, je suis prête. Une balle ? Et me voilà partie à la rattraper au vol. Je la ramène et on recommence, c’est trop drôle. J’aime bien aussi mâchouiller le cochon rose, il couine. Mais ce que je préfère entre tout, c’est la promenade au parc où je fais des courses de vitesse avec les copains. Mais pour y aller, un peu de sérieux tout de même. Il faut que je m’asseye à chaque passage piéton et que j’attende sagement l’ordre de partir. C’est très dur, car je suis pressée d’aller jouer. Mais ma maîtresse est inflexible. Parfois, on prend le métro ou le bus et moi, j’aime bien, ça me repose les « pattounes ». Et puis tout le monde m’admire, me fait des compliments. 

Je suis si belle et si sage. Une bonne tenue, c’est indispensable pour mon futur métier. 

Car savez-vous, je serai chienne guide d’aveugle. Ma maîtresse m’a déjà tout expliqué, même si je n’ai pas tout compris. Ce que je sais, c’est qu’un jour, il faudra que je la quitte. Je partirai en apprentissage. Mais toutes les deux, on ne sera pas tristes. Mon éducatrice ou mon éducateur lui donnera régulièrement des nouvelles. Et puis comme elle me dit toujours : « Je t’aime tellement, tu es tellement exceptionnelle que je t’offre en cadeau à une personne qui aura besoin de toi ». Ah, c’est beau l’amour. 

De toute façon, ma maîtresse sera vite consolée, car une autre petite boule de poils va prendre ma place. C’est si rigolo un chiot, ça ne pense qu’à faire le clown et des bêtises. Je sais, je suis passée par là.

J’ai fait des progrès depuis, et il me reste encore pas mal de chemin à parcourir. Mais c’est promis, je serai chienne guide d’aveugle, on y travaille toutes les deux, une vraie équipe.

Ivoire.

futur chien guide Ivoire 04


IDAHO

Bonjour, 

Je m’appelle IDAHO, chiot golden retriever de 4 mois, futur chien guide et actuellement en famille d’accueil !!!
Avant moi il y a eu HARLEM et FAUN … Ils ont passé du temps avec ma famille. Comme moi, ils ont appris les bonnes manières !
Oh moi, je suis encore tout petit mais j’apprends vite !!

D’abord il a fallu que j’apprenne la propreté. Le caniveau est un endroit idéal pour faire mes besoins. Je l’ai compris très vite car pour avoir une friandise … Je veux bien faire plaisir !!!!

J’apprends à traverser «dans les lignes» . Je m’assieds avant, comme devant une porte ou un escalier.

Je fais les courses avec ma maîtresse. Les commerçants sont gentils avec moi. Ils me laissent rentrer dans leur magasin. Enfin presque tous. J’aime bien la boulangerie, elles sont trop gentilles !!!

Idaho le crayon dans la bouche, les 2 pattes sur son journal

Je prends le métro, le bus et le train. Je me  «promène» beaucoup car il faut que j’apprenne mon futur métier. Ce n’est pas toujours facile de me concentrer. On ne m’accepte pas toujours. Il faut expliquer que je suis un élève : mes maîtres sont voyants et m’apprennent … Expliquer patiemment car quelquefois les gens sont un peu bêtes et font preuve d’intolérance. Même avec mon dossard et la carte «professionnelle» ce n’est pas simple !!!  Il arrive aussi que l’on prenne mes maîtres pour des déficients visuels. Les gens sont gentils et veulent nous aider.

Bientôt j’irais au cinéma et au théâtre. J’accompagnerais mes maîtres à des expositions et dans les musées. Il suffit de téléphoner avant pour pouvoir être accepter !!!
Faun a visité la Conciergerie et la Sainte Chapelle, Harlem, le château de Rambouillet et plusieurs expositions. Quelle chance !!! Nous sommes des chiens cultivés !!!

J’aime bien ma vie, je reçois beaucoup de câlins. Dans ma famille, il y a des enfants qui viennent faire leur devoir. Je vais les chercher à l’école quelquefois. Je les adore et ils me le rendent bien. Nous jouons beaucoup.

Dans ma maison j’ai une copine. Une labrador. C’est un peu ma grand-mère, elle a 15 ans. De temps en temps elle accepte de jouer avec moi. Elle a l’habitude. Elle en a vu passer des chiens !!!!

Mon maître me fait faire des grandes promenades. Un peu de travail et hop je cours comme un fou !!!! Je rencontre des copains. Nous faisons amis-amis …

J’adore aider … ramasser le linge, secouer les tapis, ranger les chaussettes … Je ne comprends pas pourquoi ma maîtresse me gronde. Je veux juste rendre service !!!

Cela prend du temps pour que je devienne un jour un chien guide. C’est un investissement humain important. Je fais partie de la famille !!! Je les suis partout.

Mais attention !!! Ne croyez surtout pas que tout ça se fait simplement …
Nous allons régulièrement à Vincennes à l’école où les éducateurs nous expliquent à mes maîtres et à moi tout ce que nous devons faire et ne pas faire !!!

Un jour nous avons croisé Harlem. Il a fait une fête de fou à ma maîtresse !!! J’étais un peu jaloux !!!
Et mon pépère par çi, et mon pépère par là …  Et  je suis là moi. J’existe ! Même si je suis plus petit !!!
Une chose est sure, il n’a pas oublié mes maîtres !!!

Pourquoi mes maîtres font-ils tout ça ? Et bien il faut leur demander ! Tout ce que je sais moi c’est que c’est super de vivre avec eux. Un jour c’est sur je serais un grand chien, et grâce à mes maîtres qui m’ont appris avec leurs yeux, je serais les yeux de quelqu’un !!!

IDAHO
Famille d’accueil Pat & JO V.

Idaho couché au bord du lac regarde passer un cygne

Il n'a pas pu être chien guide...

Adopter un chien réformé est possible auprès de notre association. Cela doit être un acte réfléchi car, ici comme ailleurs, adopter un animal est une responsabilité. Notre équipe identifiera avec vous le chien qui vous correspond le mieux et veillera à ce que l’animal s’épanouisse dans votre foyer.

Pourquoi est-il réformé ?

  • pour une cause physique : le chien ne remplit pas les conditions suffisantes pour une mission de chien guide (problème d’articulation notamment) mais peut devenir chien de compagnie. Un compte-rendu vétérinaire sera fourni à la famille adoptante
  • pour une cause comportementale : le chien peut éprouver des craintes incompatibles avec une mission de chien guide (sensibilité au bruit par exemple) qui ne posent pas de problème particulier dans la vie d’un chien de compagnie. La famille adoptante est informée de la raison comportementale de la réforme du chien.

Quel âge a un chien guide réformé ?

Les chiens proposés à l’adoption ont entre 6 et 12 mois.

Comment se passe une procédure d’adoption ?

Un questionnaire écrit vous sera adressé afin de mieux vous connaître et d’identifier le chien correspondant à votre environnement et mode de vie (pour éviter par exemple de vous proposer un chien rétif avec les enfants si vous en avez).

Notre équipe vous reçoit pour préciser votre profil. Un chien réformé vous sera présenté dans un délai variable (disponibilité du profil vous correspondant). Une semaine de réflexion est prévue avant que vous emmeniez le chien à votre domicile pour une période d’essai d’un mois.

Durant ces quatre semaines, vous avez de fréquents échanges téléphoniques avec notre équipe autour de la relation qui se crée entre le chien et vous, sur son comportement. Dans des cas exceptionnels, un éducateur peut vous rendre visite afin de vous aider à bien intégrer l’animal dans son nouvel environnement.

Cette période d’essai écoulée, les formalités d’adoption définitive sont effectuées et vous êtes propriétaires du chien à part entière. Les soins et l’alimentation de l’animal seront entièrement à votre charge.

Quels sont les conditions pour adopter un chien guide réformé ?

  • Une présence auprès du chien: un chien même réformé est très proche des humains et vous serez touché par son attention. En contrepartie, les familles adoptantes doivent être très présentes auprès de leur chien et ne pas le laisser seul trop longtemps.
  • Poursuivre son éducation: si un chien réformé possède d’excellentes bases… il incombe à la famille adoptante de les entretenir pour que cet apprentissage ne s’éteigne pas.

Notre équipe est là pour vous conseiller et vous aider.

TÉMOIGNAGE: La réforme d'Étel

J'ai adopté Étel en 2012. Il a tout de suite été en phase avec mes activités d'accompagnateur en montagne et de moniteur de parapente, et il est devenu un véritable assistant, presque un collègue, dans mes métiers: il est très sociable, joueur avec ceux qui veulent bien jouer avec lui et laisse venir ceux qui peuvent avoir peur des chiens. Avec les enfants, c'est particulièrement évident. Il m'accompagne sur environ 60 sorties chaque hiver et 3 semaines de trek l'été, dont environ 30 avec des enfants. Ce n'est pas rare au retour d'une sortie qu'un professeur me demande de rester pour qu’un élève (par exemple hyper actif) puisse jouer avec Étel !

Il porte ses croquettes sur un sac à dos pour chien lors des trekkings (6 fois le tour du mont blanc), dort devant l'entrée des refuges et nombre de randonneurs viennent le caresser le soir ou le matin.

Etel devant un chalet d altitude

Je pratique le covoiturage et les gens sont surpris par sa discrétion et sa capacité d'adaptation dès lors qu'il est en confiance. On peut vraiment beaucoup lui demander.

Il est aussi l'acteur principal (!) d'une de mes sorties avec pour thème : «apprenez à former un chien d'avalanche» que j'organise au sein de mon office de tourisme ou encore au sein d'un centre de vacances qui accueille des classes de collégiens : succès immédiat pour les familles et les classes (environ 15 animations cet hiver!) Le retour des interventions d'Étel a été très positif, de la part des familles et encore plus des professeurs...

En parapente, il est souvent là pour rassurer les élèves avant leur premier vol même s'il a eu envie au début de courir après «les petits moutons volant qui s'échappent ». Dans l'ensemble, il comprend et accepte vite les limites qu'on lui fixe. Il a aussi fait 15 vols en duo avec son maître.

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Avec les autres chiens, il a besoin de temps pour jouer avec eux alors je l'ai inscrit à un club canin pour des séances d'éducation positive. Il montre l'exemple aux autres et les chiens les plus "agressifs" sont très rassurés par le comportement d'Étel! Tout le monde tombe sous son charme, les humains comme les chiens ou chiennes (il a d'ailleurs pas mal de copines!). Il y fait aussi de l'agility où il a dû surmonter quelques peurs avec fierté! Après avoir passé les C.A.E.S.C (certificat d'aptitude à l'éducation sociale du chien) nous sommes en formation pour le chien visiteur (en institution d'handicapés mentaux par exemple)

Une anecdote: c'est grâce à lui que des handicapés mentaux sont rentrés dans l'igloo qu'ils avaient construit parce qu'ils avaient peur de rentrer sous l'igloo et Étel, qui jouait avec eux depuis le début de la séance, leur a montré le chemin !

À venir: une vrai formation en chien d'avalanche en Italie (il va en manger des pâtes!), la suite de son expérience de chien visiteur et son maître va peut-être devenir éducateur canin bénévole!

 Voilà pour sa belle vie et un échantillon de ce qu'Étel apporte aux autres.

Xavier Pauget

Accompagnateur en montagne
Moniteur de parapente

Un travail d'équipe au service des personnes déficientes visuelles

A l'origine, le besoin d'une personne

Le besoin d’une personne déficiente visuelle est toujours à l’origine de  l’éducation d’un chien guide. Un éducateur possède à la fois une connaissance approfondie de son  chien, de ses aptitudes et de son comportement… et une compréhension de la situation et des attentes de son  futur maître. Pas de conditionnement mais une formation qui recherche la progression  constante de l’animal avec le  développement de ses capacités de responsabilisation et de restitution dans  des situations variées et des  environnements inconnus.

Pas de conditionnement mais une formation

Une méthode d’éducation qui recherche la progression  constante de l’animal avec le  développement de ses capacités de responsabilisation et de restitution dans  des situations variées et des  environnements inconnus

La sensibilisation, les bases de la compétence d’un chien guide

 Chaque futur chien guide débute son apprentissage en intégrant progressivement différentes situations de travail.  Il «apprend à apprendre». Au cours des premières semaines, il découvre de façon séquencée la base  de tous les exercices : assouplissement, contournement et évitement d’obstacles, discrimination des recherches et mise en place des étapes de restitution.

La restitution des acquis

Le chien apprend à restituer ses acquis dans des environnements variés, proches de sa future vie parisienne. Ce qui est acquis sur piste artificielle en terrain neutre est transposé dans un milieu stimulant (une rue, un marché). Cette même approche pédagogique est appliquée parallèlement pour les exercices de recherches (trouver un abribus, une porte, une bouche de métro,…) et le travail de déplacement. Afin de vérifier les acquis de son chien, l’éducateur valide au fur et à mesure les exercices avec les yeux bandés. Le chien acquiert ainsi assurance et pratique. L’éducateur cherche quotidiennement à reculer les limites et permettre au chien d’exploiter toutes ses capacités : mémorisation, restitution, généralisation.

Monter dans un bus

Responsabilisation, autonomie et initiative : un travail certifié

L’éducateur s’appuie sur toutes les capacités d’initiative et de restitution du chien pour entrer dans une dernière phase de responsabilisation. Le chien met en pratique ses acquis dans des environnements très variés. Un certificat d’aptitude valide cette progression et l’ensemble de la formation de tout chien éduqué par notre association. Cet examen se déroule sous bandeau sur un trajet défini par l’examinateur référent mais inconnu du chien et de son éducateur. Une quarantaine de mises en situation sont évaluées, notées et référencées sur une grille officielle. Cette période coïncide avec celle où le chien est présenté à des personnes aveugles ou malvoyantes lors des évaluations des demandes de chien guide.

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traversée de rue
dans le métro

Comment naissent les futurs chiens guides 

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La sélection et l’éveil des chiots sont les garants de la réussite de la formation d’un futur chien guide. C’est  pourquoi notre association dispose de son propre centre d’élevage et d’une équipe dédiée. Pour un chien guide, tout débute avant la naissance, avec la sélection des parents. Les critères de sélection et de  gestion du cheptel doivent répondre aux qualités recherchées chez un futur chien guide d’un point de vue comportemental,  morphologique et sanitaire. L’ascendance, avec une étude des lignées du chien et de sa descendance, fondent ces critères.

Tout commence avant la naissance

Durant la période prénatale, la mère quitte sa famille d’élevage et est accueillie au centre où elle se familiarise  avec son nouvel environnement. Une grande attention est apportée aux réactions émotionnelles de la mère qui ont un impact sur le développement du futur chiot.

Les premiers pas des futurs héros…

Les premiers jours…

Chaque portée est unique, chaque chiot est différent… Le protocole d’éveil commun est adapté en fonction de la personnalité de chacun. Les quinze premiers jours, le chiot est totalement dépendant de sa mère. Il n’a pas encore ouvert les yeux et finit sa formation cérébrale. Ses compétences sensorielles et motrices se développent. Les chiots, collés les uns aux autres, dorment la plupart du temps et se déplacent en rampant pour téter… Ils se nourrissent exclusivement de lait maternel. Leur poids, qui double en 10 jours, est vérifié chaque matin.

La magie de l’éveil

La phase de transition…

A trois semaines, l’éveil s’accélère. Le chiot se tient debout… et commence son exploration du monde ! Il  lèche, sent, voit, touche, entend. C’est le moment où il s’attache à sa mère (et non à un objet chaud !). Cet attachement crée une base sécurisante lui permettant  l’imprégnation à son espèce, la découverte du monde, ainsi que l’initiation aux rituels de communication. Il se met à aboyer et grogner, sa mémoire se développe, son tonus musculaire s’ajuste, le sens de l’équilibre s’accentue.

A la découverte du monde… et des humains…

La socialisation

Pendant les 10 semaines suivantes, les chiots font leurs premières classes… La découverte de l’environnement se fait dans un contexte ludique et sécurisant. Lors de la socialisation intra (congénères) ou inter (humains de tous âges, autres animaux) spécifique ou des découvertes sensorielles diverses (marché, bus, métro, …), un professionnel  référent et/ou leur mère est présent pour les rassurer, les accompagner, les observer. Ses stimulations et autres apprentissages éducatifs (marche en laisse) inscrivent dans leur schéma mental des éléments de leur future vie de chien guide.

Une nouvelle famille

A trois mois, le chiot est placé dans une famille d'accueil qui poursuit sa socialisation, en lui faisant découvrir des lieux différents (magasins, centres commerciaux, transports en commun,...). Une équipe d'éducateurs accompagne chaque famille pendant environ 10 mois. Devenu adulte, le chien "retourne" dans notre école pour être formé par un éducateur professionnel..

Portée de labradors noirs

Le chien guide de la naissance ... à la retraite.

Nos reproducteurs sont placés dans des familles d'élevage bénévoles.

Naissance dans une nurserie de l'école

Environ 15 jours avant la mise-bas, la chienne arrive à l'école afin de s'habituer à son nouvel environnement. Le chiot restera le plus longtemps possible avec sa mère.

chien guide paris elevage 1Son éveil commence dès la naissance, le futur chien guide est câliné et stimulé selon un protocole adapté à sa personnalité et aux différentes phases de son développement.

Il quittera l'école vers l'âge de 3 mois et demi.

La famille d'accueil

Le chiot est confié, pour une période d'environ 10 mois, à une famille d'accueil bénévole. Pendant cette période il apprendra tout ce qu'un chien "bien élevé" doit savoir faire ainsi que les bases nécessaires à l'apprentissage de son futur "métier". Il sera aussi confronté à un maximum de situations différentes afin de savoir rester calme en toutes circonstances.

Pendant toute cette période, il est suivi par des éducateurs qui conseillent et guident la famille d'accueil. Il reviendra régulièrement à l'école pour des réunions organisées avec sa famille  ou y restera en stage quelques jours.
 

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Retour à l'école

Vers l'âge d'un an, le chiot rentre définitivement à l'école pour environ 6 mois. Il est pris en charge par un éducateur qui lui apprendra le travail de guidage. Le chien doit avoir plaisir à travailler, il doit être obéissant mais aussi attentif et réfléchi. Il sera amené à prendre des décisions et devra s'opposer à son maître lorsque ses indications risquent de le mettre en danger.

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Cette éducation est validée par un certificat d'aptitude à guider.

La vie avec son maître déficient visuel

A la fin de son éducation il rencontrera son futur maître et pourra l'accompagner quelques temps sans le guider (comme un chien de compagnie) afin que tout deux apprennent à se connaître

Le stage de remise

Un stage de remise a lieu à l'école et à domicile.
Durant cette période son nouveau maître apprend à comprendre les indications du chien, codes de ce nouveau mode de déplacement. Ces acquis seront ensuite transposés à son domicile et sur des trajets connus. Les éducateurs transmettront aussi au maître certaines techniques d'éducation qui lui permettront d' apprendre de nouvelles choses à son chien.

Le suivi

Le suivi est le prolongement de la remise. Qu'il s'agisse de séances de perfectionnement ou d'un suivi ponctuel, l'équipe est en permanence disponible pour répondre aux demandes des maîtres de chiens guides

La retraite

Vers 8/9ans, un bilan vétérinaire complété par celui d'un éducateur qui évalue son travail déterminera son départ à la retraite: préretraite (conditions particulières) ou retraite définitive (il ne devra plus porter de harnais).

Si son maître n'a pas la possibilité de lui offrir des conditions de retraite optimum, il sera placé dans une famille de retraite bénévole qui gardera un contact avec son maître et l'école (propriétaire du chien).

Une diversité de profils pour répondre aux besoins… et bientôt un centre d’élevage

L’école de chiens guides de Paris  a la particularité de travailler avec une grande diversité de races en plus des habituels retrievers. L’équipe va toujours plus loin dans la sélection et la diversité des profils de chiens afin d’apporter une réponse personnalisée plus proche des besoins des personnes déficientes visuelles. C’est pourquoi notre association a son propre centre d’élevage en  région parisienne qui permettra aussi de réduire le délai d’attente des personnes souhaitant un chien guide

Des chiens de différentes races peuvent devenir chien guide… mais ils ont tous en commun un tempérament sociable, équilibré qui en fait des merveilleux compagnons de vie. L’équipe d’éducateurs veille au bon développement comportemental et physique de chaque  portée, en dépistant d’éventuelles tares héréditaires comme la dysplasie de la hanche. Ils doivent aussi être suffisamment grands (50 à 70 cm au garrot) afin que cela reste confortable pour une personne guidée par un chien au harnais.

Un futur chien guide doit avoir une bonne concentration et savoir faire face à des situations différentes et inédites (un « chien fort dans sa tête »). Il doit aussi faire preuve de sociabilité à l’égard de ses congénères et des êtres humains. Au fur et à mesure de leur développement, l’équipe sélectionne les chiens ayant  les meilleures aptitudes pour le guidage.

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Les retrievers

Originaires de Grande Bretagne, les retriever sont  des chiens de chasse (rapport du gibier) résistants et vifs ayant une très bonne mémoire et un flair remarquable. Ils sont aussi chiens de catastrophe, chiens d'assistance et utilisés pour la recherche de drogues.

Le Labrador

chien guide labrador 1 Connu de tous, symbole vivant du chien guide d'aveugle, c’est un animal solide, puissant sans être lourd ayant une très bonne capacité d'adaptation.

Sa robe constituée d'un poil court et dense peut être de couleur noire, chocolat ou sable (toutes les nuances du crème au roux).

En moyenne il mesure de 54 à 57cm pour un poids compris entre 25 et 30 kg

Le Golden

chien guide golden retriever 1 Vraissemblablement issu de la même souche que le Labrador il est sociable, doux, calme et équilibré.

Le poil long et ondulé possède un sous-poil serré. Toutes les nuances, allant du crème au fauve orangé, sont admises ainsi que quelques poils blancs sur le poitrail.

En moyenne il mesure de 51 à 61 cm pour un poids compris entre 25 et 32 kg

Le Flat Coated

chien guide flat coated 1 Chien d’utilité durant la première guerre mondiale, vif, affectueux et doté d'une grande sensibilité. Chien Guide Paris a remis son premier flat coated en 1992.

Sa robe est noire ou marron, son poil dense et fin est aussi plat que possible avec des franges aux pattes et à la queue.

En moyenne il mesure de 56 à 6 cm pour un poids de 25 à 32 kg

Les croisements

chien guide croise labrador golden 1 Afin d'obtenir un profil de chien plus adapté au travail de chien guide l'école coise les retrievers entre-eux:


Labrador x Flat coated
Labrador x Golden

La robe est principalement beige ou noire. le poil est court et dense.

 

Les Bergers

Les bergers sont des chiens d'utilité possédant de réelles aptitudes à l'éducation. Très proches de leur maître ils sont naturellement gardiens. Cet aspect de leur caractère ne doit pas être exploité au cours de leur éducation de chien guide. La difficulté réside dans la sélection de chiens qui n'ont pas ce trait de caractère.

Le Berger Allemand

chien guide berger allemand 1Race par les allemands à la fin du XIXème siècle qui recherchaient un chien d'utilité hautement qualifié. Premier chien à devenir chien guide.

Obéissant et d'une fidélité sans faille, il est doté d'un caractère bien trempé. Ses membres postérieurs sont légèrement inclinés.

Son poil peut être court mi-long ou long. Sa robe est noire avec des marques brunes ou jaune jusqu'à gris clair

En moyenne il mesure de 55 à 65 cm pour un poids de 22 à 40 kg

Le Berger Suisse

chien guide berger suisse 1 Les bergers allemands naissant blancs ayant rapidement été écarté du standard, cette race a survécu grâce à des éleveurs passionnés.

Chien Guide Paris a remis son premier Berger Suisse en 2002.

D'un caractère proche de celui du berger allemand, il ressemble au standard d'origine ( membres postérieurs ).

Son poil, court, mi-long ou long est exclusivement blanc.

En moyenne il mesure de 55 à 66 cm pour un poids de 25 à 40 kg

Le Border collie

chien guide border collie 1D'origine Anglaise mais certainement issu  de chiens nordiques, il est spécialisé dans la garde des troupeaux. C'est un chien vif, tenace,  docile et très réceptif à l'éducation, souvent réservé vis à vis des étrangers mais sans être agressif.

Chiens Guide Paris a remis son premier Border Collie en 2005.

Son poil mi-long a un sous poil dense. La robe est généralement pie (noire et blanche) mais toutes les couleurs sont admises

En moyenne il mesure de 47 à 55 cm pour un poids de 15 à 20 kg.

Le Barbet

chien guide barbet 1Ancienne race d'origine Française dont on retrouve la trace au Moyen Age sous l'appellation de "chien d'eau". Puissant et rustique, le Barbet est un chien de chasse résistant au froid et bon nageur. Il a également été utilisé comme chien de berger.

Son poil, long, ondulé ou frisé forme une épaisse toison laineuse. La robe est noire, marron, fauve, sable ou grise.

Le barbet doit être  doit être régulièrement toiletté mais il a l'avantage de ne pas perdre ses poils...

Chien Guide Paris a remis son premier Barbet en 1999.

En moyenne il mesure de 50 à 54 cm pour un poids de 20 à 25 kg

Le Labradoddle

chien guide labradoddle 1Le Labradoodle est un croisement entre le Labrador et le Caniche Royal.

Trois qualités de poil, le type doux et bouclé, facile à entrenir est privilégié. Le labradoddle perd très peu de poils.

Sa taille est un peu plus grande que celle du labrador mais il est plus fin.

Chien Guide Paris a remis son premier Labradoddle en 2015.

En moyenne il mesure de 53 à 63 cm pour un poids de 23 à 30 kg

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